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SAKO 100 bougies, ça compte !

26 août 2021
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SAKO 100 bougies, ça compte !

par La Revue Nationale de le Chasse

 

Voilà une marque à l’histoire riche et mouvementée, pas toujours épargnée par 
les vicissitudes d’un siècle où elle a toujours pu compter sur sa plus grande richesse : ses collaborateurs. Une certaine vision de l’entreprise, résolument tournée vers l’avenir. 

C’est la date du 1er avril 1921 qui marque la création de Sako, pre-mière entreprise finlandaise de production d’armes et de  munitions, mais qui existait en réalité bien avant. En effet, l’usine faisait partie de la Garde civile du pays dont elle réparait les armes à feu.
Mais au fait, Sako, ça veut dire quoi ? Ne rêvez pas, les origines du nom qui claque comme le fouet d’un éleveur sami  parcourant les immensités du Grand Nord lapon n’ont absolument rien de romantique. Il s’agit sim-plement de l’acronyme d’un atelier qui s’ap-pelait initialement Suojeluskuntain Ase- ja Konepaja Osakeyhtiö (en français dans le texte : Compagnie d’armes à feu et d’ingé-nierie de la Garde civile), qui devient en 1927 une société à responsabilité limitée dont le nom abrégé est Sako. Une société détenue à 100 % par la Garde civile, dont le chef et tireur sportif P. E. Svinhufvud fut élu premier président du conseil. Dès cette  époque, l’entreprise a déménagé  d’Helsinki à Riihimäki, où se trouvent encore le siège ainsi que la production des carabines et des cartouches. C’est là que commença l’assem-blage d’un nouveau modèle de carabine, le M28. Surnommée « Pystykorva » (la race de chien « Spitz »), cette carabine s’est avérée encore meilleure que les armes similaires uti-lisées par les forces de défense. Dans le même temps, la société commença  également à  fabriquer des cartouches, une caractéristique unique au monde, Sako étant le seul fabricant de carabines à faire ses cartouches. 
Après un début timide, c’est le climat po-litique à la fin des années 1930 qui lance réellement la marque, le Gouvernement finlandais ayant lancé un vaste programme d’armement. Sako devint alors le plus grand producteur de cartouches de pisto-lets du pays, tandis que les commandes du tout dernier modèle de carabine, le M39,  atteignaient également des proportions sans précédent. 800 personnes, dont un nombre considérable de femmes pendant les années de guerre, travaillaient dans l’usine bombardée maintes fois mais jamais détruite. En novembre 1944, la Garde civile se retrouva sur une liste d’organisations interdites, mais la direction de l’entreprise avait déjà sécurisé ses actifs en transférant ses actions à la Croix-Rouge finlandaise, qui devint ainsi la seule unité nationale de cette organisation mondiale à détenir une entreprise dans l’industrie de l’armement !Après la guerre, la production d’armes et de munitions étant interdite, Sako com-mença à fabriquer des outils et des petits produits métalliques comme des tubes de rouge à lèvres, le département d’ingénierie se consacrant à la réparation des armes. Cepen-dant, dès 1946, Sako revint à la fabrication d’armes à feu avec la carabine de chasse L46 conçue pendant la guerre. Elle fut très bien vendue en Finlande, dans les pays nordiques et en Europe occidentale, mais la production de machines textiles lancée en 1947 restait encore économiquement plus importante. Un déséquilibre très vite comblé au cours des années 1950, grâce à l’entrée sur le marché américain où la L46 fit un véritable malheur malgré une très rude concurrence. Dès 1952, les États-Unis étaient le plus grand pays d’exportation de Sako et, en 1953, les ventes dépassaient celles réalisées en Finlande. Une étape décisive dans le développement de Sako. En 1962, Suomen Kaapelitehdas Oy (usine de câble finlandaise) racheta la totalité des actions de l’entreprise à la Croix-Rouge, avant d’être elle-même rachetée par Nokia à la fin des années 1960. Une décennie glorieuse pour Sako, qui revint également à la production de fusils d’assaut pour l’armée du pays. Les années 1970, 1980 et 1990 furent une véritable traversée du désert pour Sako, qui enregistrait des pertes financières et devait procéder à des licenciements massifs. Mais, en 1996, la sortie de la gamme Sako 75 fut un tournant pour l’entreprise. Son succès com-mercial ne suffit pourtant pas à voir l’avenir sereinement et ses propriétaires de l’époque, Nokia et Valmet, n’avaient d’autre issue que la fusion avec un acteur plus important dans l’industrie de l’armement. Pour Sako, la fin du millénaire fut marquée par son entrée dans le giron de l’Italien Beretta, qui acquit l’ensemble des actions de la société. Depuis vingt et un ans, Sako a renoué avec un succès commercial presque insolent. C’est ainsi que la carabine Tikka T3 a ren-contré son public, avec la millionième unité vendue en 2020. Une année marquée par le lancement de la nouvelle carabine S20 qui contribua à battre un nouveau record pour la marque, avec plus de 113 000 cara-bines vendues cette année-là. 2020, l’année des records, puisque la première balle en cuivre conçue et fabriquée en interne, la Sako Powerhead Blade, a battu son record de production avec plus de 11 millions de cartouches fabriquées ! 
Un début de deuxième siècle qui se pré-sente donc sous les meilleurs auspices pour les 320 collaborateurs de la marque, Sako étant désormais le plus grand four-nisseur européen de carabines en Amé-rique du Nord et une présence dans plus de 50 pays de par le monde, où la précision légendaire de ses canons a fait mouche dans le cœur des  chasseurs.  

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